La participation de la Tunisie à la Coupe Arabe des Nations 2025 n’a pas laissé une empreinte sportive majeure. Troisième de son groupe, la sélection nationale a quitté la compétition dès le premier tour, un recul notable par rapport à la deuxième place obtenue lors de la précédente édition.
Mais réduire cette campagne à sa seule dimension sportive serait une lecture incomplète.
Sur le plan économique, l’opération reste loin d’être neutre. Avec une prime de 750 000 dollars, soit près de 1,6 million de dinars, la Fédération Tunisienne de Football (FTF) sécurise un revenu garanti qui illustre une réalité désormais incontournable : dans le football moderne, chaque performance — ou contre-performance — se traduit financièrement.
Une participation qui génère de la valeur, même sans performance sportive
À l’échelle de la FTF, 1,6 million de dinars représente un apport direct non négligeable, auquel s’ajoutent des retombées indirectes liées à la visibilité médiatique, aux droits de diffusion et à l’exposition régionale de la sélection nationale.
Dans un calendrier marqué par la préparation de la CAN 2025 au Maroc, cette participation peut aussi être interprétée comme un investissement stratégique : maintenir la sélection dans le radar du football arabe, préserver son exposition et activer une dynamique compétitive à l’approche d’échéances majeures.
Autrement dit, la Coupe Arabe devient autant un outil de préparation sportive qu’un levier économique à court terme.
Un potentiel financier largement sous-exploité
L’analyse prend une autre dimension lorsqu’on observe la hiérarchie des primes par pays. Car la Coupe Arabe des Nations 2025 s’impose désormais comme une compétition hautement convoitée, dont le vainqueur est mieux rémunéré que le champion d’Afrique des Nations.
Avec un parcours plus abouti, la Tunisie aurait pu multiplier ses gains par trois, cinq, voire dix.
- Le Maroc, vainqueur de la compétition, empoche 7,1 millions de dollars (≈ 20,8 millions de dinars).
- La Jordanie, finaliste, repart avec 4,2 millions de dollars (≈ 12,3 millions de dinars).
- L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis perçoivent chacun 2,45 millions de dollars (≈ 7,1 millions de dinars).
- La Palestine, l’Irak, la Syrie et l’Algérie gagnent 1 million de dollars chacun (≈ 2,9 millions de dinars).
- La Tunisie, aux côtés du Qatar, d’Oman, des Comores, de l’Égypte, du Koweït, du Bahreïn et du Soudan, se contente du minimum garanti : 750 000 dollars.
L’écart entre la Tunisie et le Maroc dépasse ainsi 19 millions de dinars. Un différentiel qui ne relève pas de l’anecdotique, mais d’un véritable écart de compétitivité sportive et de capacité à générer de la valeur.
Quand la performance devient un actif financier
Ce classement des primes envoie un message clair : la Coupe Arabe des Nations n’est plus une compétition secondaire. Elle est devenue une plateforme où la performance sportive conditionne directement l’impact économique.
Pour la FTF, cette édition agit comme un révélateur. La participation garantit un revenu plancher. La performance, elle, ouvre la porte à un changement d’échelle financier.
Dans le football contemporain, les résultats ne se lisent plus uniquement au tableau d’affichage. Ils se mesurent aussi en millions.

