Le football tunisien continue de révéler les limites de sa gouvernance commerciale.
Dans un témoignage marquant publié sur des pages de supporters de l’Étoile Sportive du Sahel, Walid Bousnina, responsable des partenariats du club, a dévoilé les coulisses d’un accord presque finalisé avec Turkish Airlines, finalement annulé à la dernière minute à la suite d’interférences et de critiques internes.
Un accord presque bouclé avec Turkish Airlines
Selon Bousnina, les discussions avec la compagnie aérienne turque avaient été engagées à Tunis avant de se poursuivre à Istanbul.
« Nous avons tenu plusieurs réunions avec les responsables de Turkish Airlines, d’abord à Tunis, puis à Istanbul. Nous étions parvenus à un accord quasi définitif : un contrat de trois saisons, à raison de 500 000 dollars par an, incluant la prise en charge des déplacements de l’équipe lors des compétitions africaines », explique-t-il.
Ce partenariat, estimé à 1,5 million de dollars sur trois saisons, aurait constitué l’un des plus prestigieux accords de sponsoring étranger signés par un club tunisien ces dernières années. Il aurait également renforcé la crédibilité de l’ESS sur la scène continentale et ouvert la voie à d’autres collaborations internationales. Un projet d’autant plus symbolique qu’il rappelait le précédent partenariat avec Fly Emirates, conclu quelques années plus tôt pour un montant similaire.
Quand la désinformation fait dérailler une opportunité
Mais l’accord n’a jamais vu le jour. Toujours selon Bousnina, des individus extérieurs à la direction du club auraient saboté la négociation. En critiquant publiquement la valeur du contrat et en transmettant aux responsables de Turkish Airlines des images du virage sahélien et de certains incidents survenus dans les tribunes, ces personnes auraient contribué à fragiliser la confiance du partenaire potentiel. Face à cette situation, Turkish Airlines aurait préféré se retirer, privant ainsi l’Étoile du Sahel d’un partenariat stratégique, à la fois financier et logistique.
Un revers pour le marketing sportif tunisien
Cet épisode illustre les difficultés structurelles que rencontrent les clubs tunisiens dans leur quête de professionnalisation. Les divisions internes, les ingérences et la politisation des décisions minent la capacité des institutions sportives à séduire des sponsors internationaux.
Dans un contexte où les marques mondiales recherchent la stabilité et la cohérence, de tels comportements compromettent durablement la réputation du football tunisien.
Un accord avec Turkish Airlines, déjà partenaire de plusieurs grands clubs et compétitions internationales, aurait représenté une avancée majeure pour l’ESS dans sa stratégie d’internationalisation et de valorisation de sa marque.
Leçons à tirer : professionnaliser la gestion des clubs
Cet échec rappelle l’urgence de professionnaliser la gouvernance commerciale et communicationnelle des clubs tunisiens. Les sponsors ne recherchent pas seulement de la visibilité, mais avant tout des valeurs claires, une image maîtrisée et une relation de confiance durable.
Comme le souligne un expert du marketing sportif :
« Un partenariat se construit sur la vision et la stabilité. Les grandes marques n’investissent pas dans les conflits internes, mais dans la capacité d’un club à incarner une identité forte et cohérente. »

