Basket – Équipe de Tunisie : l’avantage de jouer à domicile… avec seulement 3 000 spectateurs ?

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La Tunisie s’apprête à disputer à Radès une fenêtre particulièrement importante dans sa course vers la Coupe du monde de basketball 2027. Trois rencontres face au Cap-Vert, au Cameroun et au Soudan du Sud, dans un groupe où les écarts sont faibles et où chaque victoire peut peser lourd dans la suite des qualifications.

Sur le papier, la sélection tunisienne dispose pourtant d’un avantage majeur : elle jouera à domicile.

Encore faut-il pouvoir réellement en profiter.

Pour cette fenêtre internationale, la Fédération tunisienne de basketball a lancé la commercialisation des pass au tarif de 10 dinars. Mais la jauge autorisée par les autorités serait limitée à seulement 3 000 spectateurs, alors que les rencontres se joueront dans la Salle multidisciplinaire de Radès, capable d’accueillir jusqu’à 17 000 personnes.

Un contraste qui pose une vraie question : quel avantage procure réellement le fait de jouer à domicile lorsque moins d’un cinquième de la capacité de la salle peut être utilisée ?

Radès, mais sans l’effet Radès ?

La Tunisie possède avec la Salle de Radès l’une des enceintes les plus importantes du basketball africain.

Après son extension, elle a notamment accueilli les AfroBasket 2015 et 2017 et connu plusieurs soirées marquées par de fortes affluences. Lors de l’AfroBasket 2015, la FIBA avait notamment recensé jusqu’à 12 500 spectateurs dans l’enceinte.

Ces images font aujourd’hui encore partie de la mémoire récente du basketball tunisien : une salle dense, bruyante et capable de transformer une rencontre internationale en véritable événement populaire.

C’est précisément cet effet que la sélection aimerait retrouver.

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Salle de Radès comble à l’occasion de la finale de l’AfroBasket 2017.

Le sélectionneur Adel Tlatli a d’ailleurs insisté lors de sa dernière conférence de presse sur l’importance de la mobilisation populaire, estimant qu’il faudrait environ 8 000 spectateurs pour créer le véritable effet du public à Radès.

Avec une jauge actuellement limitée à 3 000 personnes, cet objectif devient impossible à atteindre.

3 000 places pour une salle de 17 000

Les chiffres permettent de mesurer le décalage.

Une jauge de 3 000 spectateurs correspond à moins de 18 % de la capacité maximale de Radès.

Les 8 000 spectateurs souhaités par le staff de l’équipe nationale représenteraient, eux, moins de la moitié de la capacité totale de la salle.

Il ne s’agirait donc même pas de remplir entièrement Radès.

La question est d’autant plus importante que la Fédération a choisi un prix particulièrement accessible. À 10 dinars le pass, l’objectif semble clairement être de favoriser la mobilisation plutôt que de maximiser la recette par spectateur.

La FTBB dispose ici d’un produit sportif attractif : une sélection nationale, trois rencontres internationales, une qualification pour une Coupe du monde en ligne de mire et une enceinte capable d’accueillir plusieurs milliers de supporters.

Mais la stratégie de mobilisation se heurte aujourd’hui à une contrainte extérieure : la capacité autorisée de la salle.

Le public n’est pas seulement une recette de billetterie

Dans le sport de haut niveau, jouer à domicile ne consiste pas simplement à éviter un déplacement. Le public fait partie de l’avantage compétitif. Une salle pleine peut modifier l’atmosphère d’un match, accentuer la pression sur l’adversaire et accompagner une équipe dans les moments difficiles. Elle possède aussi une valeur économique.

Plus de spectateurs signifie davantage d’exposition pour les sponsors, un meilleur rendu télévisuel, plus de contenus sur les réseaux sociaux et une perception plus forte de l’événement.

C’est précisément pour cette raison que les grandes compétitions sportives ne considèrent plus le remplissage d’une enceinte comme un sujet secondaire.

La billetterie, la communication, les activations partenaires, les transports, les fan zones et l’expérience spectateur font désormais partie intégrante de l’organisation.

L’avantage du domicile doit aussi se construire

L’organisation à Radès reste une opportunité importante pour le basketball tunisien.

La sélection jouera devant son public, dans une salle qu’elle connaît, sans supporter les contraintes d’un déplacement international.

Mais pour transformer cet avantage logistique en véritable avantage sportif, encore faut-il pouvoir mobiliser suffisamment de supporters.

Et c’est là que cette fenêtre pose une question plus large sur l’organisation des grands événements sportifs en Tunisie.

Lorsqu’une infrastructure peut accueillir 17 000 personnes et que le staff sportif estime avoir besoin d’au moins 8 000 supporters pour créer une véritable atmosphère, une jauge limitée à 3 000 spectateurs réduit mécaniquement une partie de l’avantage recherché.

Les contraintes sécuritaires et organisationnelles des autorités doivent naturellement être prises en compte.

Mais dans une période où la Tunisie cherche également à accueillir davantage de compétitions sportives internationales, la question de la capacité à ouvrir, sécuriser et remplir ses grandes infrastructures devient elle aussi stratégique.

Car accueillir un événement international ne consiste plus seulement à disposer d’une salle adaptée.

Il faut être capable de la faire vivre.

Pour l’équipe de Tunisie de basketball, le défi de cette fenêtre se jouera évidemment sur le parquet.

Mais une partie de l’avantage du domicile pourrait aussi se jouer dans les tribunes.

Radès peut accueillir 17 000 spectateurs. Adel Tlatli en espère au moins 8 000. Pour l’instant, seulement 3 000 pourront entrer.

 

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