Dix ans dans le sport, ce n’est jamais seulement une date. C’est une preuve de régularité, de confiance et de vision.
Née autour du handball avant de s’ouvrir progressivement à d’autres disciplines, Smile Academy célèbre aujourd’hui une décennie d’existence. Un anniversaire qui dépasse le cadre d’une académie sportive pour enfants. Car derrière les séances, les terrains, les coachs et les générations passées par ses programmes, se dessine un sujet plus large : la place des académies privées dans l’écosystème sportif tunisien.
Fondée et portée par Heykel Megannem, ancien capitaine de l’équipe nationale tunisienne de handball, Smile Academy s’est construite sur une conviction simple : avant de parler de performance, il faut d’abord parler de base. Apprendre à bouger, écouter, respecter un cadre, comprendre le jeu, aimer l’effort et intégrer le collectif.
Pour SportBusiness.tn, les dix ans de Smile Academy sont l’occasion d’interroger un modèle : celui d’une structure privée qui ne cherche pas à remplacer les clubs, mais à préparer les enfants, accompagner les familles et créer une passerelle plus structurée vers la pratique sportive.
SportBusiness.tn : Smile Academy fête ses dix ans. Dans le sport, durer est déjà une performance. Que représente cette décennie pour vous ?
Heykel Megannem : Dix ans, c’est d’abord une grande fierté. Quand on lance une académie, on ne construit pas quelque chose sur une saison. On construit dans le temps. Il faut convaincre les familles, garder la confiance, former les coachs, maintenir une qualité d’encadrement et surtout rester fidèle à une vision.
Pour nous, ces dix ans représentent la régularité. Smile Academy s’est construite séance après séance, enfant après enfant, famille après famille. Ce n’est pas uniquement une histoire de sport. C’est une histoire de confiance.
SportBusiness.tn : Au départ, Smile Academy est née autour du handball. Aujourd’hui, elle s’est ouverte à d’autres disciplines, notamment le basketball. Est-ce une évolution naturelle ou une stratégie ?
Heykel Megannem : Le handball reste notre ADN. C’est par là que tout a commencé, parce que c’est mon histoire, mon parcours et mon expertise. Mais très vite, nous avons compris que le besoin des familles dépassait une seule discipline.
Les parents cherchent aujourd’hui un cadre sérieux, structuré, éducatif et régulier pour leurs enfants. Ils ne veulent pas seulement une activité sportive. Ils veulent un environnement où l’enfant apprend, progresse, s’amuse et se construit. L’ouverture vers d’autres disciplines est donc une évolution naturelle, mais aussi une vraie stratégie de développement.
SportBusiness.tn : Qu’est-ce qui différencie une académie structurée d’une simple activité sportive pour enfants ?
Heykel Megannem : La grande différence, c’est que dans une académie structurée, l’enfant est au centre du processus. Le sport est un outil, mais il n’est pas la seule finalité.
Les besoins ne sont pas les mêmes selon les âges. Un enfant de 4 ans, de 7 ans, de 10 ans ou de 14 ans ne doit pas être encadré de la même manière. Avant d’apprendre à dribbler, il doit parfois apprendre à coordonner ses mouvements. Avant de jouer des matchs, il doit apprendre à vivre dans un groupe. Avant de chercher la performance, il doit comprendre le respect, l’écoute, la discipline et le plaisir de pratiquer.
À Smile Academy, nous sommes très attentifs aux besoins pédagogiques de l’enfant. L’objectif n’est pas de brûler les étapes, mais de construire les bases dans le bon ordre. C’est cette approche qui fait la différence entre une simple activité et une vraie académie.
SportBusiness.tn : Peut-on dire que Smile Academy travaille sur ce qui vient avant la compétition ?
Heykel Megannem : Oui, exactement. Tout commence avant la compétition. Le haut niveau est important, les clubs sont importants, mais avant cela, il y a la base.
Si l’enfant n’a pas les bons repères au départ, il peut perdre beaucoup de temps. À Smile Academy, notre rôle est d’initier, de structurer, de donner le goût du sport et de préparer ceux qui souhaitent ensuite aller plus loin. Certains enfants iront vers les clubs et la compétition. D’autres garderont simplement le sport comme un équilibre de vie. Les deux parcours ont de la valeur.
SportBusiness.tn : Une académie peut-elle aussi jouer un rôle dans la détection et l’orientation des talents ?
Heykel Megannem : Oui, mais il faut être prudent avec le mot “détection”. Chez les enfants, il ne s’agit pas seulement d’identifier très tôt ceux qui vont devenir performants. Il s’agit surtout d’observer, d’accompagner et d’orienter.
Plusieurs de nos adhérents ont intégré des clubs et ont poursuivi leur parcours sportif. C’est évidemment une grande satisfaction pour nous, parce que cela montre que l’académie peut être une première étape utile avant l’environnement club.
Mais il y a aussi beaucoup d’enfants qui ne deviendront pas compétiteurs, et ce n’est pas un échec. Ils auront appris que le sport fait partie de l’équilibre de vie, qu’il est important pour la santé, pour la confiance, pour le collectif et pour le bien-être. C’est aussi une réussite.
SportBusiness.tn : Donc Smile Academy ne cherche pas uniquement à former des futurs joueurs ?
Heykel Megannem : Non. Si certains enfants deviennent des joueurs de club ou vont plus loin dans leur carrière, c’est très bien. Mais notre mission est plus large.
Nous voulons donner aux enfants les bonnes bases sportives et humaines. Le sport doit leur apprendre à mieux se connaître, à respecter les autres, à gérer l’effort, à accepter les règles et à prendre confiance. La performance peut venir ensuite, mais elle ne doit pas être la seule lecture du parcours.
SportBusiness.tn : En Tunisie, on parle beaucoup des résultats, des sélections, des clubs. Parle-t-on assez de cette base ?
Heykel Megannem : Pas encore assez. Mais les choses évoluent. Pendant longtemps, on a beaucoup parlé du résultat final : gagner, être sélectionné, atteindre le haut niveau. C’est normal, parce que le sport vit aussi par la performance.
Mais aujourd’hui, il faut aussi regarder le chemin. Comment l’enfant commence ? Qui l’encadre ? Dans quel environnement il progresse ? Est-ce qu’il prend du plaisir ? Est-ce qu’il comprend les valeurs du sport ? Ce sont des questions essentielles si on veut construire un sport plus solide.
SportBusiness.tn : Est-ce que les académies privées peuvent devenir un vrai maillon entre les familles et les clubs ?
Heykel Megannem : Oui, je le crois fortement. Les académies privées ne doivent pas être vues comme des concurrents des clubs. Elles peuvent être complémentaires.
Le club a son rôle : la compétition, l’identité, l’histoire, le haut niveau, la formation avancée. L’académie peut intervenir plus tôt, dans l’initiation et l’apprentissage des bases. Si l’enfant arrive ensuite dans un club avec de meilleures habitudes, une meilleure posture et une meilleure compréhension du jeu, tout le monde y gagne.
SportBusiness.tn : Donc Smile Academy ne cherche pas à garder les enfants, mais à les faire progresser dans le bon environnement ?
Heykel Megannem : Exactement. Notre objectif n’est pas de bloquer les enfants dans l’académie. Notre objectif est de les accompagner.
Quand un enfant a le potentiel, l’envie et l’engagement nécessaires, il faut l’orienter vers la bonne étape. Une académie sérieuse doit savoir former, mais aussi savoir ouvrir des portes. C’est pour cela que la relation avec les familles et avec l’écosystème sportif est très importante.
SportBusiness.tn : Votre parcours d’ancien capitaine de l’équipe nationale influence forcément la culture de Smile Academy. Mais comment éviter de projeter trop tôt l’exigence du haut niveau sur des enfants ?
Heykel Megannem : C’est une question très importante. Le haut niveau m’a appris l’exigence, la discipline et le sens du détail. Mais avec les enfants, il faut adapter cette exigence. On ne peut pas leur demander de vivre le sport comme des professionnels.
L’objectif n’est pas de mettre de la pression. L’objectif est de créer les bons réflexes : ponctualité, respect, écoute, effort, esprit d’équipe. Ce sont des choses simples, mais elles construisent beaucoup.
SportBusiness.tn : Quel est le bon équilibre entre plaisir, apprentissage et ambition ?
Heykel Megannem : Le plaisir doit rester central. Un enfant qui ne prend pas de plaisir ne restera pas longtemps dans le sport. Mais le plaisir ne veut pas dire absence de cadre. Au contraire, les enfants aiment progresser quand le cadre est clair.
L’ambition vient progressivement. Certains enfants montrent très tôt une envie d’aller plus loin. D’autres viennent pour apprendre, jouer, se dépenser. Notre rôle est de respecter ces rythmes tout en gardant une qualité d’encadrement.
SportBusiness.tn : Smile Academy est aussi un modèle économique. Comment construit-on un business durable autour du sport jeunesse ?
Heykel Megannem : Il faut d’abord comprendre que les parents ne paient pas uniquement une séance de sport. Ils paient une expérience, un cadre, une sécurité, une méthode et une confiance.
Le modèle économique doit permettre de maintenir la qualité : bons coachs, bons équipements, bonne organisation, suivi régulier. Si on veut professionnaliser la base du sport, il faut accepter qu’elle ait aussi un modèle économique solide. Sans cela, on reste dans l’improvisation.
SportBusiness.tn : Justement, quelle importance a eu le partenariat avec SMILE dans la pérennité du projet ?
Heykel Megannem : Le partenariat avec SMILE a été important parce qu’il a permis de donner plus de stabilité au projet. Une académie sportive ne peut pas fonctionner uniquement sur la passion. Il faut un modèle financier, des partenaires, une vision sur plusieurs années.
SMILE nous a accompagnés dans cette logique. La marque partage avec l’académie un univers très naturel : les enfants, les familles, l’énergie positive, la proximité. Ce partenariat a donc du sens sur le plan de l’image, mais aussi sur le plan de la pérennité du business.
SportBusiness.tn : Pour une marque comme SMILE, issue de l’univers KIF Biscuit, qu’apporte une académie sportive par rapport à une campagne classique ?
Heykel Megannem : Une campagne publicitaire a un début et une fin. Une académie, elle, vit toute l’année. Elle crée des moments, des habitudes, des émotions.
Chaque entraînement, chaque tournoi, chaque parent qui accompagne son enfant, chaque enfant qui porte les couleurs de l’académie crée une relation avec la marque. C’est cela qui est intéressant dans le sport : quand le partenariat est bien pensé, il devient une expérience réelle, pas seulement un message.
SportBusiness.tn : On voit souvent le sponsoring sportif concentré sur les équipes premières et la visibilité immédiate. Est-ce que la base du sport peut devenir un meilleur territoire de marque ?
Heykel Megannem : Je pense que oui. Les équipes premières donnent de la visibilité, c’est évident. Mais la base donne autre chose : de la proximité, de la confiance et de la durée.
Quand une marque accompagne les enfants, les familles et la formation, elle construit une image différente. Elle montre qu’elle ne s’intéresse pas seulement au résultat, mais aussi au parcours. Dans le sport, c’est très important.
SportBusiness.tn : Hummel accompagne également le projet. Quel rôle joue un équipementier dans une académie comme Smile Academy ?
Heykel Megannem : L’équipementier joue un rôle plus important qu’on ne le pense. Pour un enfant, porter une tenue d’académie, c’est appartenir à un groupe. C’est se sentir membre d’une équipe, même avant la compétition.
Hummel apporte cette dimension d’identité, de cohérence et d’appartenance. Ce n’est pas seulement une tenue. C’est une partie de l’expérience sportive.
SportBusiness.tn : Est-ce qu’un équipementier peut créer de la valeur à la base du sport, et pas seulement au niveau professionnel ?
Heykel Megannem : Bien sûr. Le sport ne commence pas avec les équipes premières. Il commence avec les enfants. Une marque sportive qui veut vraiment s’inscrire dans un écosystème doit être présente là où les histoires commencent.
Accompagner une académie, c’est investir dans la culture sportive. C’est être présent dans les premières émotions, les premiers entraînements, les premiers progrès. C’est très fort.
SportBusiness.tn : Le manque d’infrastructures sportives est souvent évoqué en Tunisie. Est-ce aujourd’hui l’un des freins majeurs au développement d’une académie comme Smile Academy ?
Heykel Megannem : Oui, clairement. Le manque d’infrastructures est l’un des plus grands freins au développement du sport jeunesse en Tunisie.
La demande existe. Les familles sont intéressées, les enfants veulent pratiquer, les coachs veulent travailler, les marques peuvent accompagner. Mais sans infrastructures disponibles, adaptées et accessibles, le développement reste limité.
Pour une académie, trouver des créneaux, des salles, des espaces de qualité, c’est un vrai défi. Et ce défi ne concerne pas uniquement Smile Academy. Il concerne tout le sport tunisien. Si on veut développer la pratique sportive chez les jeunes, il faut aussi poser la question des infrastructures.
SportBusiness.tn : Est-ce que ce manque d’infrastructures limite aussi l’ambition de croissance ?
Heykel Megannem : Oui, parce qu’on ne peut pas grandir uniquement avec une idée ou une marque. Il faut des lieux pour pratiquer. Il faut des terrains, des salles, des horaires adaptés, des conditions de sécurité et de qualité.
Notre ambition est de toucher plus d’enfants et de développer davantage de disciplines, mais cela doit se faire dans de bonnes conditions. La qualité de l’expérience dépend aussi beaucoup de l’environnement dans lequel l’enfant pratique.
SportBusiness.tn : Après dix ans, quel est aujourd’hui le plus grand actif de Smile Academy ?
Heykel Megannem : La confiance. C’est notre actif le plus important.
La confiance des familles, des enfants, des coachs et des partenaires. On peut avoir un nom, une image, une discipline, mais si la confiance n’est pas là, le projet ne dure pas. Dix ans, c’est la preuve que cette confiance existe.
SportBusiness.tn : Quel est le principal défi pour les dix prochaines années ?
Heykel Megannem : Le défi est de grandir sans perdre l’esprit du départ. Développer de nouvelles disciplines, ouvrir de nouveaux sites, toucher plus d’enfants, oui. Mais pas au détriment de la qualité.
Le danger, quand un projet grandit, c’est de perdre la proximité. Nous devons rester exigeants sur l’encadrement, sur la méthode et sur l’expérience vécue par les familles.
SportBusiness.tn : Si vous deviez résumer Smile Academy en une idée, laquelle choisiriez-vous ?
Heykel Megannem : Je dirais que Smile Academy est un espace où l’enfant apprend le sport, mais aussi ce que le sport peut lui apporter dans la vie.
Nous ne promettons pas de fabriquer des champions. Nous voulons d’abord donner aux enfants les bonnes bases pour aimer le sport, progresser et grandir avec lui. Si certains deviennent ensuite de grands sportifs, tant mieux. Mais le premier objectif, c’est de construire des enfants plus équilibrés, plus confiants et plus ouverts au collectif.
SportBusiness.tn : Finalement, que disent ces dix ans de Smile Academy sur l’évolution du sport tunisien ?
Heykel Megannem : Ils montrent qu’il y a une vraie demande pour des structures sérieuses autour du sport jeunesse. Les familles sont prêtes, les enfants sont motivés, les marques peuvent jouer un rôle, et les clubs peuvent bénéficier d’un meilleur travail à la base.
Le sport tunisien a beaucoup de talents. L’enjeu, aujourd’hui, est de mieux organiser les parcours. Si chacun joue son rôle — familles, académies, clubs, coachs, partenaires, infrastructures — nous pouvons construire quelque chose de plus solide.
SportBusiness.tn : Pour les parents qui souhaitent inscrire leurs enfants à la nouvelle saison, comment peuvent-ils rejoindre Smile Academy ?
Heykel Megannem : Les inscriptions pour la nouvelle saison sont ouvertes. Les parents peuvent nous contacter directement pour avoir toutes les informations sur les disciplines, les catégories d’âge, les sites disponibles et les horaires.
Notre équipe les accompagne ensuite pour orienter l’enfant vers le groupe le plus adapté à son âge, à son niveau et à ses besoins.
Informations & inscriptions : 29 750 711
Conclusion
Dix ans après sa création, Smile Academy ne se présente plus seulement comme une académie née autour du handball. Elle incarne un modèle en construction : celui d’un acteur privé capable de structurer l’initiation sportive, d’accompagner les familles, de préparer les enfants et de créer des passerelles avec les clubs.
Son histoire rappelle aussi que le sponsoring sportif peut exister autrement. Avec SMILE, marque liée à l’univers KIF Biscuit, et Hummel, l’académie montre qu’une marque peut investir la base du sport, non pas uniquement pour gagner en visibilité, mais pour construire une relation durable avec les enfants, les parents et l’écosystème sportif.
Mais cette trajectoire pose aussi une question plus large : comment développer durablement le sport jeunesse sans infrastructures suffisantes ? La demande existe, les familles suivent, les enfants veulent pratiquer, les marques peuvent accompagner. Encore faut-il que les lieux de pratique suivent la même ambition.
Dans un marché tunisien encore en structuration, Smile Academy avance avec une idée simple : avant de chercher le champion, il faut d’abord construire l’enfant, son parcours et son environnement.


