Nous sommes le 11 juillet 2023, et c’est le premier jour du mercato en Tunisie. Place aux rumeurs, aux exclusivités, aux spéculations, à la guerre entre les médias mais aussi entre les clubs, qui vont s’arracher des joueurs, dont on ne connait, ni la valeur marchande, ni la vraie qualité technique (parfois).
Depuis des années, c’est plutôt la loi de la jungle qui domine le marché des transferts en Ligue 1 Tunisienne. Les transferts sont, généralement, annoncés, via les réseaux sociaux des clubs. Une photo, un joueur tout gai avec le maillot de son nouveau club, une pose inspirée des photos des joueurs en Europe et un petit texte pour accueillir la nouvelle recrue. Top départ pour les likes et les commentaires. Mission donc accomplie pour les clubs et leurs équipes médias.
Mais loin de tout cela, loin du fait que les clubs se contentent de servir des photos à leurs supporters, et rarement, des petites vidéos d’interviews, il y a d’autres questions auxquelles il faudra donner des réponses. Combien a couté le transfert ? Combien recevra le joueur ? Quel serait son salaire ? Les primes ? La clause libératoire ? Non, on ne sait rien.
En France par exemple, les clubs sont obligés, chaque année, de présenter leur bilan pour avoir l’accord de la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), avant d’entamer la saison. Tous, sans exception, tremblent en passant devant les membres de la DNCG. L’entité dispose d’un pouvoir décisionnel allant de la rétrogradation d’un club jusqu’à le gel de ses activités.
Sans rentrer dans les détails, la DNCG a donc le pouvoir d’interdire un club de jouer la saison d’après, ou de monter en Ligue, voire même le rétrograder en division inférieure. Le principe de base est simple, « vérifier que les investissements sportifs de chaque club n’excèdent pas ses capacités financières », comme l’explique Le Figaro dans un article détaillé publié sur son site, en 2014.
En Tunisie, c’est un peu différent. Certes, la FTF (Fédération tunisienne de football) impose le respect une masse salariale liée aux revenus des clubs, pour le staff technique mais aussi pour les joueurs. Mais cette loi, ou condition, est-elle respectée ? Pratiquement oui, pratiquement non, ou, faisons plus simple, on n’a pas une réponse exacte.
Oublions les lois, la DNCG et l’interdiction de recrutements, devenue une habitude et non pas une exception chez nos clubs. Nous avons une autre question, y-a-t-il un club tunisien qui a communiqué, au moins une fois, les détails des transferts ? Non.
Il y un monde à changer. Le nouveau règlement des clubs, en phase d’approbation, pourrait tout mettre à l’ordre. Mais d’ici là, il est peut-être temps de changer quelque chose, au moins une : communiquez les détails de vos transferts.
Parce que le nouveau règlement des clubs arrive, à grands pas.




