Dans un marché encore dominé par le sponsoring, la billetterie et les droits TV, le Club Sportif Sfaxien amorce un virage stratégique.
Le club a annoncé, via sa page Facebook, un partenariat avec New Golden Krispy’s pour lancer un produit dérivé inattendu : un paquet de chips aux couleurs du CSS. Au-delà du produit, cette initiative traduit une nouvelle manière de penser le merchandising sportif en Tunisie.
Jusqu’ici, les clubs se limitaient surtout aux produits textiles comme les maillots ou les écharpes. Avec ce projet, le CSS explore une catégorie encore vierge localement : le FMCG (Fast Moving Consumer Goods). Ce segment présente plusieurs avantages. Il repose sur une consommation quotidienne. Il bénéficie d’une distribution massive en épiceries, grandes surfaces et kiosques. Il reste aussi accessible en termes de prix. Le club ne vend donc plus uniquement à ses supporters. Il s’intègre directement dans leur quotidien.
À l’international, cette stratégie est déjà bien installée. Des clubs comme le FC Barcelone, le PSG ou Manchester City proposent des produits variés. Leur offre inclut boissons, snacks, parfums et accessoires lifestyle. En Tunisie, cette approche reste marginale. Le CSS pourrait donc se positionner comme pionnier. Il bénéficierait ainsi d’un avantage de first mover sur ce segment.
L’enjeu dépasse les revenus générés par la vente du produit. Ce type d’initiative renforce le sentiment d’appartenance. Il permet aussi de toucher une audience plus jeune. Il multiplie les points de contact avec la marque club. Il assure enfin une présence au-delà des jours de match. Chaque paquet devient alors un support de communication à part entière.
Cependant, le succès dépendra de plusieurs facteurs. La qualité du produit sera déterminante. Le branding devra rester cohérent avec l’image du club. La distribution devra être maîtrisée. Enfin, l’effet “collector” sera clé pour créer de la désirabilité. Sans ces éléments, le produit risque de rester anecdotique.
Un autre enjeu concerne le contexte tunisien. La rivalité entre clubs et supporters reste forte. Elle peut freiner les marques FMCG. Ces dernières craignent de perdre des clients affiliés à d’autres équipes. Des exemples comme Natilait ou Délice Danone illustrent cette réalité. Cela rend ce type de partenariat plus sensible à activer.
Cette initiative pose une question plus large. Les clubs tunisiens peuvent-ils devenir de véritables marques de consommation ? Dans un contexte de ressources limitées, le merchandising innovant devient un levier stratégique. Le CSS semble prêt à tester cette voie. Il amorce ainsi une transition vers une logique de marque lifestyle. Une évolution encore rare en Tunisie, mais probablement inévitable.

