Des sponsors de poids pour un club structuré
Le succès d’Al Ahly repose sur des bases solides. Selon Transfermarkt, la valeur de son effectif dépasse les 48 millions d’euros, mais c’est en dehors du terrain que le club impressionne vraiment. Il a su attirer des sponsors de premier plan :
- FABMISR (secteur bancaire),
- Etisalat avec un contrat de 40,8 millions de dollars sur 4 ans,
- Coca-Cola Egypt,
- Jetour,
- Shell, Lipton, Prometeon,
Cette stratégie ne doit rien au hasard. Chaque marque est intégrée dans un plan global, avec des activations marketing ciblées, une logique de co-branding et une volonté d’expansion régionale et mondiale. Al Ahly ne cherche pas simplement des logos sur des maillots : il construit des alliances stratégiques avec ses sponsors.
Clubs tunisiens : une dynamique à revoir, et rapidement
Pendant qu’Al Ahly construit patiemment une stratégie de marque globale et multiplie les partenariats à forte valeur, les clubs tunisiens semblent à la peine, incapables de transformer leur héritage sportif en levier économique. C’est particulièrement frappant dans le cas de l’Espérance Sportive de Tunis, l’un des clubs les plus titrés du continent.
Malgré ses multiples participations à la Coupe du Monde des Clubs FIFA, l’EST n’a pas su capitaliser sur ces rendez-vous planétaires pour attirer des sponsors internationaux, structurer une stratégie commerciale, ou renforcer son image de marque auprès du grand public et des entreprises.
Le contraste avec Al Ahly est saisissant : là où le club égyptien signe avec Red Bull, l’Espérance reste dans l’attentisme.
Pire encore, son nouveau site officiel www.est.org.tn a été lancé dans l’urgence, à quelques jours d’une échéance sportive majeure. Résultat : une plateforme au contenu limité, sans réelle expérience utilisateur, sans valorisation des sponsors, et surtout sans contenu vidéo ni storytelling immersif, pourtant essentiels aujourd’hui pour engager les fans et séduire les marques.
On y retrouve simplement quelques logos de partenaires discrets en pied de page, sans aucune mise en avant, ni activation visible. Une occasion manquée de faire du digital un pilier de la stratégie commerciale du club.
Le football est un business. Point.
Aujourd’hui, le football est devenu un secteur économique majeur. Des banques financent le recrutement de joueurs. Des géants comme Goldman Sachs restructurent des clubs comme le FC Barcelone. Les sponsors cherchent des retours mesurables sur investissement, pas des promesses de visibilité incertaine.
Dans ce contexte, le bénévolat a atteint ses limites. Il est temps que les clubs tunisiens, toutes divisions confondues, s’entourent de professionnels : directeurs marketing, chefs de projets sponsoring, experts en stratégie de marque, chargés des activations digitales.
Il ne s’agit plus de passion. Il s’agit de professionnalisme.
Al Ahly, un exemple africain à suivre
Al Ahly a compris avant les autres que le sport est un levier de développement économique. Il a structuré ses partenariats, valorisé ses atouts, investi dans son image. Il n’attend pas qu’un sponsor vienne frapper à sa porte : il va le chercher, avec un dossier complet, des chiffres précis, une vision.
Les clubs tunisiens doivent s’inspirer de cette logique. Non pas pour copier, mais pour apprendre. Pour comprendre que les sponsors ne viennent pas par hasard. Ils viennent là où ils trouvent de la valeur, de la rigueur, de l’impact.
Al Ahly et ses sponsors nous rappellent une chose essentielle : gagner des titres, c’est bien. Mais savoir les transformer en opportunités, c’est mieux.
À bon entendeur…





