Un budget ne raconte pas uniquement combien coûte une équipe. Il raconte aussi parfois combien coûte son passé. Le rapport financier de l’Union Sportive Monastirienne pour la saison 2025/2026 fait apparaître un total de 8,455 millions de dinars de décaissements.
Sans surprise, le football concentre la majorité des dépenses avec 4,947 millions de dinars, soit 59% du total. Le basketball représente 2,154 millions de dinars, soit 25%. À eux deux, les deux principales sections du club absorbent ainsi 84% de l’ensemble des décaissements.
Les catégories jeunes représentent 315 191 dinars, soit 4%, tandis que les charges communes atteignent 1,038 million de dinars, soit 12% du total.
3,38 millions de dinars pour régler le passé
Mais la véritable information du rapport se trouve à l’intérieur même de ces dépenses. Plusieurs postes correspondent en effet au règlement d’engagements liés à des périodes précédentes.
Dans la section football, ces règlements atteignent 1,642 million de dinars. Ils représentent à eux seuls environ un tiers des dépenses de la section.
Dans le basketball, le montant atteint 907 193 dinars, soit plus de 42% des dépenses de la section.
Les catégories jeunes enregistrent également 13 950 dinars de règlements antérieurs.
Enfin, les charges communes intègrent 816 500 dinars correspondant à des engagements de l’ancienne direction.
Au total, ces différents postes représentent environ 3,38 millions de dinars.
Autrement dit, près de 40% de tous les décaissements réalisés au cours de l’exercice ont servi à absorber des engagements hérités des périodes précédentes.
Rapporté à dix dinars dépensés par le club au cours de la saison, près de quatre dinars ont ainsi été mobilisés pour régler le passé.
Cette donnée change considérablement la lecture du budget.
Une partie importante des ressources financières mobilisées par l’US Monastirienne en 2025/2026 n’a pas seulement servi à financer la compétition actuelle. Elle a également été consacrée à l’assainissement d’engagements accumulés auparavant.
Le football approche les 5 millions de dinars
Avec 4,947 millions de dinars de dépenses, le football reste naturellement le premier centre de coûts du club.
Les rémunérations, primes et règlements définitifs des joueurs représentent 1,831 million de dinars.
Les rémunérations et primes du staff technique et médical atteignent 196 150 dinars.
Les déplacements, billets d’avion, hébergements et dépenses liées aux matchs représentent pour leur part 839 303 dinars.
Les contrats, qualifications des joueurs et autres dépenses liées aux rencontres atteignent 389 329 dinars.
Mais la ligne la plus significative reste celle des périodes précédentes : 1,642 million de dinars, soit environ 33% du coût total du football.
Basketball : plus de 2,15 millions de dinars de dépenses
La deuxième grande section sportive du club a généré 2,154 millions de dinars de décaissements.
Les rémunérations, primes et règlements des joueurs représentent 931 129 dinars, tandis que le staff technique et médical représente 77 400 dinars.
Les déplacements, billets, hébergements et frais liés aux rencontres atteignent près de 169 000 dinars.
Là encore, le poids du passé est particulièrement important.
Les règlements liés aux périodes précédentes atteignent 907 193 dinars, soit environ 42% de toutes les dépenses de la section basketball.
Une dette résiduelle supérieure à 4,6 millions de dinars
L’autre enseignement majeur du rapport concerne l’endettement.
Le document fait apparaître 2,941 millions de dinars de dettes à court terme.
Sur ce montant, 1,166 million de dinars avaient déjà été réglés en juillet 2026, soit près de 40% du montant présenté.
Le solde restant à apurer à court terme s’élève ainsi à environ 1,775 million de dinars.
À cela s’ajoutent 2,858 millions de dinars de dettes à moyen et long terme.
Sur la base des montants figurant dans le rapport, le stock de dettes restant identifiable atteint donc environ 4,63 millions de dinars.
Parmi les principaux engagements à moyen et long terme figurent notamment le CNSS avec 1,109 million de dinars, la BIAT avec près de 788 000 dinars et DHR avec environ 766 000 dinars.
Le rapport montre ainsi une double réalité : le club a déjà consacré plusieurs millions de dinars à l’apurement d’engagements antérieurs, mais une dette importante reste encore à absorber au cours des prochains exercices.
1,4 million de dinars apportés par les dirigeants et soutiens
Le rapport apporte également plusieurs indications sur les revenus et financements communs du club.
Ceux-ci atteignent 3,089 millions de dinars.
Parmi eux, 1,398 million de dinars proviennent de financements apportés par des membres du comité directeur et des proches ou soutiens du club.
Ce montant représente environ 45% des revenus et financements communs présentés dans le document.
Les concours publics représentent de leur côté 790 000 dinars, répartis entre 475 000 dinars provenant de la municipalité de Monastir, 65 000 dinars du gouvernorat et 250 000 dinars du ministère de la Jeunesse et des Sports.
Le rapport fait également apparaître 517 050 dinars de revenus d’investissement, 360 453 dinars de soutien ainsi qu’un peu plus de 23 000 dinars d’autres revenus.
Ces chiffres permettent de mieux comprendre la structure de financement du club, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à reconstituer l’ensemble de ses revenus.
Les pages du rapport disponibles ne présentent notamment pas l’intégralité des recettes spécifiques du football et du basketball. Il serait donc incorrect d’en déduire un résultat net ou un déficit global du club à partir de ces seuls éléments.
Le véritable enjeu : libérer des ressources pour l’avenir
L’US Monastirienne reste l’un des exemples les plus significatifs du modèle omnisports tunisien.
Football, basketball, formation : maintenir plusieurs sections compétitives nécessite des ressources importantes.
Mais les comptes 2025/2026 révèlent surtout un autre enjeu.
Sur 8,45 millions de dinars décaissés, près de 3,4 millions ont été consacrés au règlement d’engagements antérieurs.
Et malgré les montants déjà apurés, environ 4,63 millions de dinars de dettes restent encore identifiables dans le rapport.
Le défi financier des prochaines saisons ne sera donc pas uniquement de savoir combien l’US Monastirienne pourra investir dans ses équipes.
Il sera aussi de mesurer à quelle vitesse le club pourra réduire le poids de ses engagements historiques afin de consacrer une part plus importante de ses ressources à son développement futur.


